Amélie GILLIER

AMELIE GILLIER DE LOVEMILLA

AMELIE GILLIER ETAIT LA FEMME DE THIERRY GILLIER ET LA DIRECTRICE ARTISTIQUE DE ZADIG ET VOLTAIRE. DEPUIS 3 ANS, ELLE VOLE DE SES PROPRES AILES AVEC LOVEMILLA, UNE MARQUE BOHEMIAN CHIC ULTRA FEMININE QUI DEVRAIT OUVRIR SA PREMIERE BOUTIQUE EN 2010. RENCONTRE AVEC UNE FEMME D'AFFAIRES PASSIONNEE PAR LA CREATION

 

Où avez-vous fait vos armes ?

Chez Zadig et Voltaire puisque j’ai été mariée pendant vingt ans à Thierry Gillier, son fondateur. Nous avons renouvelé la marque ensemble. Après des études en économie, je suis donc devenue directrice artistique. Ce qui me plaît par-dessus tout dans la mode, c’est de conceptualiser mes idées. L’évolution de Zadig et Voltaire est venue d’une envie : démocratiser le luxe et ses matières, dont le cachemire. J’ai passé des années magnifiques à créer des collections et une image. Il y a trois ans, je me suis séparée du père de ma fille et j’ai quitté l’entreprise.

 

Parlez-nous de Lovemilla…

J’avais envie de repartir dans une nouvelle aventure, de créer une ligne plus féminine et plus sophistiquée. J’avais conçu quatre ans plus tôt une ébauche de collection dans cet esprit chez Zadig et Voltaire, mais cela n’avait pas marché car cette capsule était noyée dans les boutiques. Lovemilla associe de jolis hauts à des robes, des blouses, des tuniques et de la maille. Je travaille beaucoup le satin et la soie à porter au quotidien dans un esprit bohème. J’essaie de coordonner les coupes les unes par rapport aux autres. Mes collections se structurent de plus en plus et intègrent désormais du denim. Aujourd’hui pour réussir en tant que marque, il faut proposer un vestiaire complet et des silhouettes auxquelles les clientes peuvent s’identifier. L’objectif à terme est de lancer des boutiques en nom propre.

 

Qui ciblez-vous 

Les Parisiennes de 30/35 ans, des femmes séduisantes qui aiment les belles matières et les détails raffinés.

 

Pourquoi avoir choisi ce nom, Lovemilla ?

Ma fille s’appelle Milla, j’avais envie de la mettre dans la boucle, de lui faire un clin d’œil. Elle est très fière que sa maman ait lancé une marque en son nom.

 

Quelles sont vos tendances pour l’hiver 2010 ?

J’ai travaillé un thème Gitan ethnique avec des robes longues à galons avec des broderies très travaillées inspirées de la Russie.  J’ai dessiné des pièces en soie avec des jetés de paillettes féeriques. J’aime les jeux de reflets, les matières qui miroitent, les irisés.  Enfin, j’ai créé des pièces en grosses mailles à porter sur des robes, des ponchos dans un esprit vintage bohémien des années 70. Côté couleurs, j’ai utilisé les prune, les gris, les taupes, les vieux roses, les bleus gris, les marrons glacés et les vert-de-gris. L’hiver prochain, j’ai diversifié les matières et mélangé les laines pour des silhouettes chaudes et moelleuses.

 

Si vous aviez des muses, qui seraient-elles ?

Des icônes des années 70 comme Jane Birkin. J’adore aussi le style bobo de Vanessa Paradis. Mais il y en a d’autres, Helena Christensen (sa boutique à NYC est une merveille), Alexa Chung, Rachel Bilson et Daisy Lowe.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je me nourris beaucoup du vintage. J’adore chiner des choses du passé puis les réadapter à la vie d’aujourd’hui. Je flashe souvent sur un détail dans la coupe. Je fais beaucoup les puces et les brocantes. Je voyage partout dans le monde : en Inde, au Maroc, aux Etats-Unis, en Corse, à Stockholm, en Espagne... Je réalise un vrai travail de bureau de style.

 

Croyez-vous aux tendances ?

Je suis mon instinct et mes envies plus que les tendances. Je regarde les défilés pour la scénographie, pas pour m’en inspirer. J’attache de l’importance au « bien aller » des vêtements et à leur durée dans le temps. Je n’ai pas besoin de suivre les tendances car je suis une véritable éponge.

 

Quels sont vos must have ?

Une tunique en dentelle dans un esprit vintage, une jolie combi-short, et une tunique boutonnée que l’on peut porter en gilet.

 

Quelle est votre référence chez les couturiers ?

Sans hésiter, Nicolas Ghesquière. Il a fait un travail incroyable chez Balenciaga.

 

Quelle est votre marque de fabrique, votre signature ?

Les matières luxueuses et vaporeuses : la soie, les toiles japonaises, la fibre de lait et bien d’autres. Je ne suis pas une architecte des coupes, je suis une accro aux détails glamour et au raffinement. Les fronces, les volants, les surpiqûres, les fils tordus, particularisent mon style.

 

Prévoyez-vous d’ouvrir des boutiques ?

J’espère en ouvrir une cette année. J’ai pris mon temps car il fallait que le concept merchandising soit abouti. Une boutique doit illustrer un vêtement : le profil d’une vendeuse, la musique, le parfum, tout compte pour faire passer un message clair aux clientes.

 

Quelle est la plus grande difficulté quand on créé sa marque ?

La partie identitaire, de mettre son concept en pratique. C’est difficile d’inventer quelque chose de nouveau dans un marché saturé, de trouver les ressources pour redémarrer à zéro et de ne pas se disperser. Les codes doivent être hyperlisibles.