Parlez-nous de votre parcours professionnel ?
Après un BTS commercial, j’ai fait mes premières armes chez Promostyl. En 1985, j’ai lancé l’agence Heure locale et j’ai découvert ma vocation : valoriser la création des autres. Je me suis rapidement spécialisée dans la promotion des enseignes de textile. En 1991, Carlin International était à vendre et l’idée d’avoir une emprise sur le produit m’a vraiment motivé. La petite entreprise que je représentais a pu racheter la grosse. En effet, Carlin International faisait cinq fois plus de chiffre d’affaires que Heure locale.
Comment avez-vous fait évoluer votre entreprise ?
J’ai lancé un département lingerie en 1993 et constitué une équipe. Deux ans plus tard, j’ai créé un département marketing et j’ai recruté sept personnes d’un coup. Mon objectif était de proposer aux clients un concept global d’accompagnement, du style à la communication, en passant par le marketing. Le succès d’une entreprise dépend souvent des synergies entre les différents métiers et de son aptitude à faire partager les mêmes objectifs. Nous sommes là pour les y aider.
Quels sont vos derniers développements ?
Depuis peu, nous avons lancé la filiale « émulsion créative » pour coacher les marques en matière de création. Sa mission consiste à mettre en avant les atouts créatifs de l’entreprise. En effet, il est parfois compliqué d’imaginer des collections commercialisées deux ans après. Nous utilisons des techniques efficaces pour faire que les équipes de création d’une entreprise prennent conscience de leur potentiel. Nous avons également monté un département « care » qui nous permet d’intervenir sur le design de produits peu demandés ou oubliés. C’est un secteur important puisqu’il touche entre autres à la gérontologie et au bien-être d’obligation.En ce qui concerne la partie bureau de style, Carlin International a racheté Spacemaker et vient de mettre en place un département sport actif et lifestyle sous l’enseigne InMouv.
Que pensez-vous du marché du textile ?
Ce secteur a connu une véritable révolution, à la fois des structures et des mentalités. Nous sommes passés d’un modèle intuitif à de grandes sociétés dirigées par des financiers ou des fonds d’investissement dont l’objectif principal est d’augmenter les marges.
Quelles sont, selon vous, les armes pour combattre la crise ?
Dans une telle période, le produit doit faire vendre. Pourtant toutes les ventes de cahiers de style sont en baisse. Les entreprises doivent investir dans le produit, leur département style et leur communication. Malheureusement, les restrictions budgétaires ne sont pas toujours faites intelligemment. Il existe actuellement de vraies lacunes sur les matières, ce qui provoque une uniformisation du marché. On constate une dévalorisation du produit, de la qualité et du bien aller des vêtements. Les marques ont souvent des connaissances en mode et non en produit. Pour réussir, il faut être cohérent, avoir du culot, de l’audace et de la maîtrise. Il faut inspecter son ADN et respecter des objectifs. Il faut comprendre la logique de son histoire, être légitime.
Parlez-nous des tendances à venir ?
Nous travaillons sur trois profils de tendances différents : les macro tendances qui sont des prévisions à plus de trois ans et qui s’appuient sur des facteurs sociaux et politiques, les tendances à 18-24 mois, qui sont une interprétation mode et commerciale, et enfin, les tendances à 3-6 mois, utilisées par les entreprises très réactives. En tant que bureau de style, nous partageons notre intuition puisque nous travaillons sur des projections à deux ans. Nos stylistes s’appuient sur les voyages, les phénomènes culturels et leur vie personnelle. Les tendances sont un parti pris. Il faut seulement que les clients puissent facilement se les approprier.