Chantal Malingrey: L'experte du Denim

Chantal Malingrey: L'experte du Denim

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chantal Malingrey

NOTRE EXPERTE DU DENIM

Chantal Malingrey-Perrin est la directrice du salon Denim by

Première vision, un rendez-vous incontournable qui réunit toute la filière du jean.

Elle nous révèle tous les secrets de ce vêtement culte, de la toile au finissage.

 



 

Comment Denim by Première vision est-il né ?

Ce salon existe depuis décembre 2007 car le calendrier de fabrication du jean est différent de celui du prêt-à-porter.

Les délavages, traitements et finitions allongent le temps de mise au point des collections.

Nous avons deux sessions : en juin pour l’hiver de l’année suivante et en décembre pour l’été.

Notre manifestation grandit progressivement puisque nous sommes passés de 44 exposants (pour 1528 m2)

à 62 exposants pour 2266 m2 en décembre dernier.

 

 

Qui sont vos exposants ?

Notre singularité est de rassembler – presque- tous les acteurs majeures de la filière du jeanswear :

les tisseurs, les confectionneurs, les délaveurs, les finisseurs, les fournisseurs d’accessoires (boutons, étiquettes)

ainsi que les fabricants de fibres. Il y a deux types de confectionneurs : ceux qui fournissent la grande distribution

et les succursalistes avec des produits finis, et ceux qui proposent des collections à la carte.

Le monde du denim est une grande « famille » où tout le monde s’apprécie et se respecte.

Le business est bien réparti et chacun possède son créneau. Les acteurs du denim disent souvent qu’ils ont

du sang bleu qui coule dans leurs veines car ils parlent tous le même langage.

 

 

Le denim a-t-il été impacté par la crise ?

Le denim n’a pas subi les aléas de la conjoncture et le marché se porte plutôt bien. Les prix de la toile et

des produits finis en général ont baissé sur le segment moyen de gamme, mais ça n’a pas affecté les ventes,

bien au contraire. Le prix moyen d’achat d’un jean est de l’ordre de 50 €, ce qui veut dire que le gros du marché

sortie d’usine est de 12-15 €.

 

 

Parlez-nous de la zone euro-méditerranéenne...

La zone euromed concerne surtout le Maroc, la Tunisie avec une extension sur la Turquie, trois grands

pays de confectionneurs. Les aides qui ont été mises en place ont permis de booster la qualité de la

production grâce aux investissements réalisés dans les outils de production. La crise a incité les marques

à être plus prudentes : beaucoup d’entre elles ont donc joué la carte de la proximité. Les pays du Maghreb

sont très réactifs et deviennent des forces de proposition en terme stylistique grâce à des équipes mises en place en interne.

 

 

Qui sont les confectionneurs des grandes marques de luxe ?

Les grandes marques de luxe travaillent souvent avec les meilleurs tisseurs d’Italie ou du Japon

qui fournissent la toile et assument la confection et le délavage. Le reste des produits haut de gamme

est fabriqué dans la zone euromed. La filière fonctionne par réseau : tel confectionneur travaille avec tel tisseur 

 et tel délaveur-finisseur. Certains jeans voyagent beaucoup : la toile provient du Japon, ils sont confectionnés au

Maroc et délavés en Italie. 

 

 

Pourquoi les toiles japonaises sont-elles si prisées ?

Elles sont à la fois très chères et très sophistiquées. Les Japonais ont racheté les machines des premiers jeanneurs

américains après la guerre. Le jean japonais est celui qui se rapproche le plus des premiers jeans américains.

On dit souvent que les Japonais possèdent l’ADN du jean, ils ont les toiles les plus authentiques du monde.

Les acteurs japonais sont nombreux : Kuroki et Kurabo participent notamment à Denim by Première vision.

 

 

Aucune autre nation n’a racheté de machine aux Américains après guerre ?

Si, une poignée d’Italiens. Candiani notamment, propose la crème de la crème de la toile en Europe.

 

 

Comment fonctionne le segment moyen et bas de gamme ?

Les gros donneurs d’ordre ont souvent un seul fournisseur qui s’occupe de la fabrication de A à Z.

Sur ce segment, les prix des articles confectionnés varient entre 8 et 12 €. Il y a de plus en plus de sous-traitance

qualitative sur le marché de la confection (Vietman, Bangladesh, Pakistan). 

 

 

Quel est le processus de fabrication d’un jean ?

Les étapes les plus courantes sont : la toile, la confection, le délavage et le finissage. La plupart des délaveurs

possèdent leur unité de finissage et sont originaires d’Italie, du Maroc, de la Tunisie et de la Turquie.

Le finissage est souvent fait à la main à la chaîne. C’est ce qui permet d’user, de gratter et de

moucheter les produits. On estime le temps de finissage entre entre 8 et 10 minutes par produit. Certains jeans

haut de gamme exigent de nombreuses heures de travail.

 

 

Comment les produits denim sont-ils segmentés ?

Il y a deux grandes familles de produits : les authentiques, de véritables selvage 5 poches souvent déclinés

en 3 formes (exemple : Edwin et True Religion) et les jeans tendance qui possèdent une multitude de formes,

de modèles et de délavages. Dans cette deuxième famille de produit, la confection et les délavages prédominent.

 

 

Quelles sont les grandes nouveautés du marché ?

Le bio commence à faire une percée appréciable. Les acteurs ont pris conscience de la toxicité et de

la pollution de leur activité. Des recherches sont menées pour améliorer l’impact environnemental des délavages.

Parallèlement, les tisseurs utilisent de plus en plus de coton biologique. En terme d’innovation pure,

Tavex a mis au point « la denim therapy », une toile à partir de biocéramique (de la poudre de volcan).

Elle possède des vertus étonnantes : elle permet de récupérer après des efforts, elle favorise la circulation sanguine,

elle évite les déséquilibres et protège le corps telle une armure confortable. Les innovations viennent toujours de la toile.

 

 

Quelles sont les tendances actuelles ?

Le vintage est toujours à l’honneur, avec des toiles très claires, très délavées. Il y a aussi un retour

des jeans grunge, salis, troués, grattés. En opposition, on revient à des toiles des années 50, très authentiques 

à la James Dean.

 

 

 

 

 

LA CHAÎNE DE VALEUR AJOUTÉE D’UN JEAN EN POURCENTAGE :

 

POUR UN DENIM BASIQUE 

Toile + accessoires : 30 à 40%

Confection : 60%


POUR UN DENIM TRAVAILLÉ

HAUT DE GAMME CRÉATEUR

Toile + accessoires : 30 à 40%

Confection : 30 à 40 %

Finitions : 20 à 30 %

 

 

LES CHIFFRES CLÉS DU DENIM

 

50 € 

Le prix de vente moyen d’un jean.



15 €

Le prix moyen d’un jean moyen de gamme sorti de l’usine. 



8 À 12 € 

Le prix moyen d’un jean bas de gamme sorti de l’usine.



8 À 12 MINUTES

Le temps moyen passé pour un finissage.