GASPARD YURKIEVICH

Comment êtes-vous tombé dans la chaussure ?
J’ai commencé à dessiner des chaussures à l’âge de cinq ou six ans. Je gribouillais des pages entières de chaussure de profil. Ma fascination pour la chaussure a commencé très tôt. Dès que j’ai su compter jusqu’à 100, je passais des heures devant le dressing de ma sœur à compter ses accessoires. Mes parents étaient des intellectuels rien ne me prédestinait à devenir créateur de mode, même si l’esthétique faisait partie de notre histoire familiale. J’ai très vite mesuré l’importance du glamour dans la mode et c’est ce qui m’a donné envie de travailler dans ce milieu .
C’est important d’avoir des documents de référence surtout pour les formes. J’utilise de vieux catalogues américains de VPC des années 30 ou des dessins que mon père m’a déniché aux puces de vanvres. Je ne reproduis jamais un produit à l’identique car les chaussures doivent évoluer avec leur époque. Une photo mal prise peut apporter une interprétation différente, une illusion d’optique bonifiante.
Parlez-nous de votre parcours?
Qu’est ce qui particularise le style Gaspard Yurkievich ?
Le style Gaspard Yurkievich est surtout déterminé par la ligne de prêt à porter. La chaussure est la traduction de l’esprit de la marque et représente la majeure partie de notre chiffre d’affaires. Les jeux graphiques, les découpes originales et les lignes des produits particularisent nos collections. Les ouvertures sont toujours harmonieuses car le pied fait toujours partie de la chaussure. Je suis très fier de la cambrure de mes chaussures, très juste qui permet aux femmes de marcher sur des talents hauts sans avoir mal au pied. Le bien aller de mes chaussures est un de mes atouts. Mes créations sont des chaussures à vivre et à séduire.
Quel est votre processus créatif ?
Je commence toujours par le salon première vision,
Quelle est votre politique tarifaire ?
Au départ, j’étais moins chez que mes concurrents d’environ 20%, mais les prix du marché ont baissé. Désormais, mes chaussures sont au prix du marché.
Pensez vous que le rapport des femmes à la chaussure soit différent de celui des hommes ?
Qu’est ce qui différencie une belle chaussure d’ une très belle chaussure ?
Une très belle chaussure, c’est un produit qui a à la fois du corps et de l’esprit. Je suis généralement séduit par l’harmonie d’une construction et par la beauté d’une ligne. Une très belle chaussure est un produit intelligent avec une forte personnalité. .
Avez vous des muses ?
Non, plutôt des artistes ou créateurs que j’ admire. Il y a une notion d’héritage. Par exemple, j’adore les illustrations d’Antonio Lopez. Chaque saison, il y a un produit qui lui est dédié. En interne, on parle carrément de la Antonio Lopez touch.
Qu’est ce que vous aimez dans la mode ?
La mode est intuitive. Elle évolue sans cesse. Elle n’a pas besoin de justification. C’est l’œil de la cliente qui parle. Il n’y a pas de couleurs laides, juste un contexte et des associations.
De quoi êtes vous le plus fier ?
Je suis fier d’être toujours aussi enthousiaste dans un milieu difficile . Je suis toujours surpris par autant d’excitation à l’arrivée des collections. On se nourrit toujours de nouveautés avec la même histoire. La mode a des effets dopants.