Richard Martin

Richard Martin

Richard Martin

 

NOTRE EXPERT DU BIJOU 

 

 

Directeur adjoint et directeur artistique du salon Eclat de Mode, Richard Martin

aborde les stratégies à adopter face à la crise et les grandes tendances de l’été 2010. 


 

 

 

Comment le marché du bijou réagit-il aux changements conjoncturels ? 

Les acheteurs sont plus prudents et plus attentifs au choix du produit. Ils prennent

moins de risques qu’auparavant et diminuent leur achats d’impulsions. Ils sont aussi

confrontés à la nouvelle concurrence d’Internet. Pour faire face à ces changements,

les acteurs du marché sont obligés de se remettre en cause, d’adopter une

stratégie parlante et de miser sur la création. Les marques sont en quête d’un

meilleur rapport qualité prix. La crise peut créer une l’émulation, mais il faut être

opportuniste, avoir des schémas de réussite. Certains créateurs réajustent leur

prix en utilisant des matériaux moins onéreux et d’autres se positionnent sur le

marché du luxe avec des bijoux rares et sophistiqués. En contrepartie, ceux qui se

lancent dans des délires artistiques sont plus rares. Le marché est obligé de se

professionnaliser pour résister. 

 

 

Comment mettez-vous en avant les jeunes marques ? 

Nous avons lancé un nouvel univers, Cream, il y a 3 ans. Et, depuis un an,

nous permettons aux jeunes créateurs d’exposer sur une surface de 4 m2. Cela

nous a permis d’augmenter significativement le nombre de nouveaux entrants

et de favoriser la jeune création. 

 

 

Quelles sont les principales actualités de cette session ? 

Eclat de Mode est le seul salon international à proposer à la fois du bijou précieux,

fantaisie et haute couture. Cette saison, nous changeons notre communication

pour revenir à une campagne plus ludique et fantaisie. Nous sommes passés

des créations très luxueuses de Philippe Ferrandis à l’univers décalé, ludique

et aquatique de la créatrice Ineke Otte. La campagne que nous avons choisie

en 2010 est très optimiste en contraste avec la morosité ambiante. 

Par ailleurs, nous avons changé les dates et le salon se tient du samedi au mardi

comme les autres rendez-vous de la mode de la Porte de Versailles. Jouer la carte

de la synergie est primordial pour attirer une clientèle mode, française mais aussi internationale. 

 

 

Quelles animations avez-vous prévues sur le salon ? 

Depuis quelques saisons, nous mettons en scène des expositions d’artistes et

de photographes aux talents variés. En janvier, nous présentons Anna Golicz-Cottet

qui réalise des sculptures et objets uniques en fil de fer. Pour Eclat de Mode,

elle a créé une fresque géante sur le thème « Are jewels the girl’s best friends ? »,

représentant une pin-up des années 50 spectaculaire. Nous accueillons également

une expo photo de Benjamin Barda, un jeune artiste qui a immortalisé des jeunes

délinquants en réinsertion grâce à la boxe. Ce programme devrait susciter l’intérêt

des visiteurs. 

 

 

Propos recueillis par L. D. 

 

 

 


 

 

 

 

A NE PAS RATER

 

« POING LEVÉ » DE BENJAMIN BARDA, UN REGARD TOUCHANT SUR LA

RÉINSERTION PAR LA BOXE 

 

Passionné par l’humain, formé à l’anthropologie et au photojournalisme,

Benjamin Barda part à la rencontre de peuples ou de groupes marginaux avec

toujours la même préoccupation : relativiser certaines différences pour mieux

respecter l’autre dans ce qu’il a de plus authentique. L’exposition « Poing levé »

montre comment la boxe change petit à petit le quotidien de jeunes mulhousiens

en grande difficulté : échec scolaire, prison, problèmes familiaux, drogue. Des jeunes

finalement comme les autres, dont il montre les fragilités mais aussi les aspirations

par des mises en scènes soignées. Cette exposition, organisée en partenariat avec

l’Elan sportif basé à Mulhouse, est à découvrir en exclusivité à l’entrée du salon. 

 

 

 

 

ANNA GOLICZ-COTTET, DE LA POÉSIE VOLUMÉTRIQUE À USAGE QUOTIDIEN 

 

Cette ancienne pubarde a sa première étincelle en regardant les oeuvres en

fil de fer d’Alexandre Calder. A l’instar de son mentor, elle dessine et écrit

dans l’espace. Pour donner vie à ses croquis, elle les projette mentalement

en 3D et les réalise en fil de fer. En complément de son matériau de prédilection,

elle utilise au gré de sa poésie, des composites, du papier, des plastiques de

récupération, du miroir ou de la peinture. Ses oeuvres s’adressent aussi bien

aux particuliers qu’aux entreprises avec des objets protéiformes, des sculptures

de toutes les tailles, de la décoration ou même des fresques. Sa plus grande

fierté ? Réaliser les rêves de ses clients avec des oeuvres sur mesure. Elle s’inspire

de trois domaines : le cheval, le corps et sa garde-robe, et les cabinets de curiosités.