Les tendances streetwear de Luc Biermé

Les tendances streetwear de Luc Biermé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les tendances de la Mode Urbaine, 

Luc Biermé responsable du secteur Face, Who’s Next

 

Le Face regroupe les acteurs du marché de l’homme urbain et une sélection de marques féminines dédiées aux 15/25 ans.

 

 

 

Le streetwear chic est il toujours d’actualité ?

 

Oui, plus que jamais. Le streetwear est définitivement sorti de son ghetto. Il est devenu un vrai référent dans le monde de la mode des 15-25 ans. Il se renouvelle sans cesse avec de nouvelles valeurs : la mode éthique par exemple. Le streetwear a mûri et s’adresse aujourd’hui à une cible plus large grâce à la notion de sportswear chic. Aujourd’hui, il devient plus raffiné et plus recherché, avec la tendance british et le détournement des grands classiques de la mode masculine. 


Que pensez-vous de la multiplication des séries et éditions limitées ?

 

C’est un vieil outil, un levier marketing qui permet aux marques de se renouveler, de créer de la rareté et de se différencier. Il permet de booster les achats d’impulsion.


Comment expliquez-vous le grand retour du denim italien et l’engouement des consommateurs pour la toile japonaise ? 

 

Quant on parle du denim italien, on pense tout de suite au retour de Diesel sur le marché du denim. En soi, ça semble une bonne nouvelle car cela va dynamiser ce marché hyper concurrentiel. Quant à la toile japonaise, la raison de son succès provient de sa démocratisation. Aujourd’hui un jean en toile japonais est beaucoup plus abordable qu’il y a cinq ans. Cela dit, la toile japonaise reste réservée aux puristes qui aiment vraiment le jean et savent comment la préserver d’un lavage trop agressif. 


Comment la jeune création se porte-t-elle sur votre segment de marché ?

 

Plutôt bien, elle nous surprend toujours et apporte sans cesse de la nouveauté. Les jeunes talents sont de plus en plus professionnels et efficaces dans leur commercialisation. 


La crise touche-t-elle plutôt les grandes marques ou au contraire les petits labels ?

 

La crise oblige l’ensemble de la profession à se poser les bonnes questions. Les marques sont plus attentives à la nouveauté et à la création de leurs collections. Elles recherchent davantage à être compétitives. Finalement, la conjoncture va assainir le marché. 


Pour vous, quels sont les nouveaux temples du streetwear parisien et pourquoi ?

 

Citadium reste pour moi une des références parisiennes, même si le terme « temple » me dérange car il n’exprime en aucun cas le changement et la modernité. Je suis également très fan de la petite boutique Pigalle, située dans le quartier Saint-Georges. Elle importe sans prétention des produits tout droit venus de Tokyo en séries limitées.


Pensez-vous comme certains que la tendance canvas va perdurer dans la chaussure ?

 

Oui, car le positionnement prix est en phase avec les attentes des clients dans ce climat morose, même si le cuir prend de plus en plus de parts de marché sur le marché du sneakers. 


Quelles sont les clés de la réussite pour surmonter la crise ?

 

Une bonne gestion, un bon produit et une distribution sélective.


Quelles sont les grandes tendances auxquelles vous croyez ?

 

Je crois au sportswear au sens large du terme, aussi bien avec des marques de sportswear chic qu’avec des marques urbaines qui revisitent la tendance college. Il y a un vrai engouement pour les lignes vintage de certaines marques de sport, qui deviennent des marques à part entière. Elles ont développé des identités fortes et atteint une maturité qui leur permet d’avoir leur marketing propre. Ces lignes s’adressent à des cibles différentes, ce qui permet aux majors d’élargir leur clientèle et de gagner des parts de marché. Aujourd’hui le sport vintage n’est plus une tendance mais un segment à part entière du marché de la mode urbaine. En terme de tendance pure, je crois beaucoup au retour du classique british anglais, au preppy BCBG. Les marques aux histoires fortes et aux valeurs authentiques comme Barbour, Fred Perry, Ben Sherman reviennent sur le devant de la scène... Le sportswear devient élégant et presque dandy.